jeudi 1 septembre 2016

Innocent, sanglant et romantique

auteur : Shinichi Sakamoto
éditeur : Delcourt-Tonkam
Lecteurs avertis (sexe, sang, torture, mort) !

Série en cours (7 tomes disponibles).

Quatrième de couverture : Le XVIIIe siècle est le siècle des Lumières et de la Révolution française sur lequel repose notre société actuelle. Acteur et témoin privilégié de cette période mouvementée, Charles-Henri Sanson, exécuteur des hautes oeuvres de Paris, nous entraîne au long de sa cruelle existence dans une grande fresque historique. 

Mon Avis ? 

La nouvelle série de Shin'ichi Sakamoto est bien loin des hautes montagnes d'Ascension, pourtant la passion est bien présente et le sang des lecteurs sa glace lors de la découverte des planches du mangaka, il est question une fois encore de haute voltige... mais historique cette fois.

Innocent retrace la vie de Charles-Henri Sanson, fils aîné de la lignée des bourreaux du Roi de France et héritier légitime du titre. La grande histoire rencontre la petite. On découvre le triste et pieux Charles-Henri à la veille de son adolescence, alors qu'il a été encore une fois rejeté par une école où le sombre nom de sa famille donne des sueurs froides aux gens. Les Sanson sont respectés, craints mais surtout mis au banc de la société par tous. Ils sont sinistres, ont les dit cannibales et surtout, tous se pressent pour les voir mettre à mort les condamnés. Obligé lui aussi de devenir un meurtrier au nom du pouvoir royal, Charles-Henri tente de fuir sa destiné, au risque de subir lui aussi les tortures soumises aux prisonniers...

Beau, cruel et philosophique, Innocent noue les estomacs et fait réfléchir sur la nécessité de suivre une voie toute tracée qui nous répugne. Sommes-nous obligé d'accomplir ce qu'on attend de nous et si oui, n'y a-t-il qu'une seule manière de faire face ? Charles-Henri et sa jeune soeur, Marie-Josèphe sont deux personnages qui se retrouvent confrontés à un rôle qui ne leur convient pas selon les normes de leur famille. Le premier est trop fragile, la seconde est une femme. Pourtant, Charles-Henri devra porter le titre de bourreau de Paris pour toute sa lignée et Marie-Josèphe est aussi efficace et glaciale que son épée.

Soulignée par un style réaliste où le clair et l'obscure se mêlent pour donner des planches somptueuses, l'histoire est haletante et le lecteur est sans cesse pousser dans ses retranchements, soit en étant placé devant des mises à mort plus difficiles à regarder les unes que les autres, soit en partageant les réflexions des personnages qui remettent sans cesse leur monde en question. Avec le point de vue des bourreaux, l'auteur donne à ses lecteurs une vision très froide d'une société où tous les excès sont bons pour plaire aux grands. Mais même parmi les plus chanceux de cette hiérarchie, on trouve des malheureux et des rêveurs...




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